Combien de devis pour travaux dans copropriété ?
En copropriété, le nombre de devis requis pour des travaux dépend des décisions prises en assemblée générale et des dispositions du règlement de copropriété. Cette obligation varie selon les seuils fixés et les modalités précisées par les copropriétaires lors des votes. Le syndic doit respecter scrupuleusement ces règles pour garantir la transparence des choix et éviter tout conflit.
La mise en concurrence constitue un principe fondamental de bonne gestion en copropriété, permettant d’obtenir les meilleures conditions tarifaires et techniques. Cependant, les modalités d’application diffèrent selon les décisions prises collectivement et les situations d’urgence qui peuvent se présenter.
Voici un récapitulatif du nombre de devis obligatoires selon la nature des travaux dans copropriété :
| Type de travaux | Nombre minimum de devis requis | Référence juridique |
|---|---|---|
| Travaux votés en assemblée générale | 2 devis minimum | Art. 19 du décret du 17 mars 1967 |
| Travaux d’entretien courant (petits montants) | Pas d’obligation, mais fortement recommandé | Bonne pratique / gestion transparente |
| Travaux urgents par le syndic (ex. fuite grave) | Pas de devis requis en amont | Art. 18 de la loi du 10 juillet 1965 (urgence) |
| Travaux importants ou gros œuvre | 3 devis recommandés (souvent exigés par les copropriétaires) | Par précaution pour comparer et éviter les litiges |
| Mise en concurrence obligatoire (si imposée par règlement de copropriété ou vote préalable) | Selon décision prise (souvent 3 devis) | Dépend du règlement ou d’une résolution votée |
– Le nombre de devis dépend des décisions de l’assemblée générale
– Minimum 2 devis requis si un seuil est fixé sans modalités précises
– Respecter scrupuleusement le nombre exact si imposé par l’AG
– Les travaux urgents échappent à l’obligation de mise en concurrence
– Consulter les procès-verbaux d’AG pour connaître les règles en vigueur
Quel nombre de devis selon les décisions d’assemblée générale ?

Les décisions d’assemblée générale déterminent précisément les obligations de mise en concurrence que doit respecter le syndic. Ces règles varient considérablement selon la précision des votes et l’implication des copropriétaires dans la définition des procédures. L’article 19 du décret du 17 mars 1967 constitue le fondement légal de ces obligations.
Seuil fixé sans modalités précisées
Si l’assemblée générale a déterminé un montant au-delà duquel une mise en concurrence est obligatoire, mais sans spécifier le nombre de devis requis, le syndic doit solliciter plusieurs devis. En pratique, deux devis suffisent pour respecter cette obligation légale et démontrer la réalité de la mise en concurrence.
Cette situation correspond aux travaux votés en assemblée générale où l’article 19 du décret du 17 mars 1967 impose au syndic de présenter au moins deux devis différents. Cette règle vise à garantir la transparence et la mise en concurrence des prestataires afin que les copropriétaires puissent comparer les offres et prendre une décision éclairée. Il est toutefois courant dans la pratique de fournir trois devis pour élargir les options et prévenir toute contestation.
Seuil et modalités détaillés par l’assemblée
Lorsque l’assemblée générale a non seulement fixé un seuil, mais aussi précisé les modalités de la mise en concurrence, telles que le nombre exact de devis à obtenir, le syndic est tenu de respecter strictement ces conditions. Par exemple, si l’assemblée exige trois devis, le syndic ne peut se contenter d’en présenter que deux.
Certaines copropriétés ont intégré dans leur règlement intérieur ou voté en assemblée générale une règle imposant une mise en concurrence systématique pour certains types de travaux ou au-delà d’un certain seuil financier. Dans ce cas, le nombre de devis à obtenir est défini par la décision adoptée. Le respect de cette clause devient alors une obligation contractuelle pour le syndic, et toute dérogation peut être contestée par les copropriétaires.
Aucun seuil de mise en concurrence
Si ni l’assemblée générale ni le règlement de copropriété n’ont établi de seuil de mise en concurrence, le syndic n’est pas légalement obligé de procéder à une mise en concurrence. Cette situation concerne notamment les travaux d’entretien courant de faible ampleur (changement d’ampoules, réparation de poignées, nettoyage).
Pour ces travaux de petits montants, il n’existe aucune obligation légale de demander plusieurs devis. Toutefois, il est fortement conseillé d’en solliciter au moins deux, même pour des montants modestes. Cela permet d’éviter les conflits avec les copropriétaires et d’assurer une gestion rigoureuse et transparente par le syndic ou le conseil syndical.
Travaux urgents et dérogations
En cas de travaux urgents, le syndic peut engager des dépenses sans mise en concurrence préalable. Cette faculté est prévue par l’article 18 de la loi du 10 juillet 1965, qui permet au syndic de faire face à l’urgence dans l’intérêt de la sécurité et de la préservation de l’immeuble.
En cas de situation urgente (fuite d’eau majeure, ascenseur bloqué, chaudière hors service), le syndic est autorisé à intervenir sans attendre une assemblée générale ni recueillir de devis au préalable. Il devra toutefois informer rapidement les copropriétaires et régulariser la décision en assemblée générale a posteriori.
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Quelles obligations pratiques pour la mise en concurrence en copropriété ?

Au-delà du nombre de devis, la qualité de la mise en concurrence détermine la validité de la procédure et la satisfaction des copropriétaires. Le syndic doit organiser cette comparaison avec rigueur et transparence.
La première étape consiste à vérifier les décisions antérieures en consultant les procès-verbaux des assemblées générales pour connaître les seuils et modalités de mise en concurrence en vigueur. Cette vérification évite les erreurs de procédure qui pourraient invalider tout le processus.
Il est essentiel de demander des devis détaillés incluant une description précise des travaux, des matériaux utilisés et des délais d’exécution. Cette exigence permet une comparaison objective et évite les mauvaises surprises lors de la réalisation. Les devis incomplets ou imprécis ne permettent pas un choix éclairé.
La comparaison des offres doit dépasser la seule considération du prix. Il faut évaluer la qualité des prestations proposées, les garanties offertes et la réputation des entreprises. Un devis moins cher peut s’avérer plus coûteux si la qualité n’est pas au rendez-vous.
L’implication du conseil syndical renforce la légitimité du processus. Le conseil syndical peut proposer des entreprises à consulter et participer à l’analyse des devis reçus. Cette collaboration améliore la qualité des décisions et rassure les copropriétaires sur la transparence du processus.
Respecter le nombre de devis pour travaux en copropriété garantit la transparence des décisions et protège les intérêts de tous les copropriétaires. Cette rigueur dans les procédures évite les conflits et optimise la gestion du patrimoine commun.
Avez-vous déjà été confronté à des difficultés concernant le nombre de devis exigé dans votre copropriété ? Comment votre syndic gère-t-il la mise en concurrence des travaux ? Partagez votre expérience en commentaire pour enrichir les pratiques de gestion.



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